Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Construction-Cyborium]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1117188
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1117425
t CONSTRUCTION ]  6   Aricacu ] 
non encore frayce. Il ne fallut pas moins de trois siccles pour instruire 
ces barbares; ils purent cependant, apres des efforts si lents, se flatter 
d'avoir (mverl, aux constructeurs futurs une ere nouvelle qui n'avait 
pris que peu de chose aux arts de Fantiquite. Les necessittäs impe- 
rieuses avec lesquelles ces premiers constructeurs se trouverent aux 
prises les obligerent a chercher des ressources dans leurs propres ob- 
servations plutot que dansletude des monuments de Pantiquite, qu'ils 
ne connaissaitfnl. que tifes-impztrfziitement, et qui, dans la plupart (les 
provinces des Gaules, n'existaient plus qu'a l'etat de ruines. Prcts, 
(l'ailleurs, a S'Ql1'1pt1l't3l' des produits etrzmgers, ils les soumettaient. 
a leurs procedtis imparfaits, et, les transformant ainsi, ils les faisaient 
concourir vers un art unique dans lequel le raisonnement entrait plus 
que la tradition. Cette ecole etait dure : ne s'appuyant quavec incerti- 
tude sur le passe, se trouvant en face des besoins d'une civilisation ou 
tout etait a trreer, ne possedant. que les elements des sciences exactes, 
elle n'avait d'autre guide que la methode experimentale; mais cette 
mcthode, si elle n'est pas la plus prompte, a du moins cet avantage 
(lelever des [iralieiens observateurs, soigneux de reunir tous les per- 
fectionnements qui les peuvent aider. 
Deja, dans les editices du Xle siecle, on voit la construction faire des 
progrcs sensibles qui ne sont. que la consequenire de fautes evitties 
avec plus ou moins d'adresse; car l'erreur et ses effets instruisent plus 
les hommes que les teuvres parfaites. Ne disposant plus des moyens 
actifs employtis par les Romains dans leurs constructions; manquant 
de bras, d'argent, de transports, de relations, de routes, d'outils, d'en- 
gins; contines dans des provinces separees par le regime fcodal, les 
constructeurs ne pouvaient compter que sur de bienfaibles ressources, 
et cependant, a cette epoque deja (au x18 siecle), on leur demandait 
delever de vastes monasteres, des palais, des eglises, des remparts. 
Il fallait, que leur industrie suppleat. a tout ce que le genie romain avait 
su organiser, a tout ce que notre etat de civilisation moderne nous 
fournit a profusion. Il fallait obtenir de grands resultats a peu de frais 
(car alors ltltft-irltuil elait pauvre), satisfaire a des besoins nombreux et. 
pressants sur un sol ravage par la barbarie. Il fallait que le construc- 
teur recherchat les materiaiux, s'occupait, des moyens de les trans- 
porter, combattit l'ignorance d'ouvriers maladroits, fit lui-meme ses 
observations sur les qualites de la chaux, du sable, de la pierre, fit 
approvisionner les bois; il devait etre non-seulement l'architecte, mais 
le carrier, le traceur, Fappareilleur, le conducteur, le charpentier, le 
chaufournier, le macon, et ne pouvait s'aider que de son intelligence 
et de son raisonnement d'observateur. Il nous est facile, aujourd'hui 
qu'un notaire ou un negociant se fait batir une maison sans le secours 
d'un architecte, de considerer connue grossiers ces premiers essais ; 
mais la somme de genie qu'il fallait alors a un constructeur pour cle- 
ver une salle, une eglise, etait certainement superieure a ce que nous 
demandons a un architecte de notre temps, quipeut faire batir sans
        

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