Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Construction-Cyborium]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1117188
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1118651
L MATERIAUX "j  129  [ CONSTRUCTION 1 
serait plus concluante contre les imitateurs de l'architecture gothique 
que ne l'est, par exemple, la comparaison d'une nef d'eglise gothique 
avec la carene renversee d'un navire; car cette comparaison est un 
eloge plutot qu'une critique, comme le serait l'assimilation de la cou- 
pole du Pantheon a une ruche d'abeilles. Mais laissons la les compa- 
raisons, qui ne sont point razsons, comme dit le proverbe, et poursui- 
vons. Les constructeurs, au moyen äge, ne connaissaient pas la scie au 
gräs, cette longue lame de fer battu au moyen de laquelle, par un mou- 
vement horizontal de va-et-vient, un ouvrier peut couper des blocs 
enormes en tranches aussi minces que le besoin l'exige. Il est encore 
soixante-dix departements en France dans lesquels cet engin si simple 
n'est pas employe, et ce sont ceux generalement ou l'on construit le 
mieux, car on pourrait contester les avantages de la scie au gres. La 
France abonde en bancs calcaires tires-varies, tres-bons et faciles a ex- 
traire. Ces bancs, comme chacun sait, sont durs ou tendres, minces ou 
epais, habituellement minces lorsqu'ils sont durs, epais lorsqu'ils sont 
tendres. Or il y a toujours avantage, dans les constructions, a respec-' 
ter l'ordre de la nature ; c'est ce que les anciens ont observe souvent, 
c'est ce qu'ont observe avec plus de scrupule les constructeurs gothi- 
ques. Ils ont extrait et employe les materiaux tels que les leur don- 
naient les bancs de carriere, en soumettant meme les membres de l'ar- 
chitecture a ces hauteurs de bancs. Ne dedoublant jamais une pierre, 
ainsi que nous le faisons aujourd'hui sur nos chantiers, ils les ont po- 
sees, dans leurs bätisses, entieres, dest-a-dire avec leur coeur conserve 
dans leur partie moyenne, leurs lits de dessous et de dessus, se con- 
tentant de les äbousiner 1. Cette methode est excellente ; elle conserve a 
la pierre toute sa force naturelle, tous ses moyens de resistance. Si les 
constructeurs gothiques des premiers temps employaient des pierres 
tendres pour les points d'appui (ce qu'ils etaient souvent forces de faire, 
faute d'en trouver d'autres), ils avaient le soin de leur conserver une 
grande hauteur de banc; car, dans ce cas, la pierre tendre est moins 
sujette aux ecrasements. Quant aux pierres dures, et entre autres les 
plus minces, qui sont generalement les plus fortes, ils s'en servaient 
comme de liaisons, de linteaux continus pour reunir des piles dis- 
tantes les unes des autres ; ils en composaient les points d'appui qui 
devaient porter une tres-lourde charge, soit en les empilant les unes sur 
les autres, si ces points d'appui etaient tres-epais, soit en les posant 
AiflSi, c'est que nous voyons, par exemple, les ätahlissements monastiques aller souvent 
chercher la pierre a des distances enormes, parce qu'elle provenait de earrieres a eux 
appartenant et qu'elle n'avait qu'a suivre des routes libres de droits, tandis qu'ils ne 
faisaient pas venir des materiaux tres-voisins, mais qui devaient traverser des territoires 
appartenant a des proprietaircs non vassaux de l'abbaye.    
1 Ebousiner une pieffe, c'est enlever sur ses deux lits les portions du calcaire qui ont 
131130646 la COIUPWÜ fOFmHÜiOII geologique ou suivi cette formation; en un mot, c'est 0'119" 
ver les parties susceptibles de se decomposer ä l'action de l'air ou de Phumiditfä. 
IV.  17
        

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