Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Charnier-Console]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1111763
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1115771
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CLOCHER 
en assises de pierres squamees, assez ziiguüs. Dans les provinces carlo- 
vingiennes de l'Est, les tleches qui (latent de la meme epoque, carrees 
ou a pans, sont de meme construites en pierre et. passablement 
azigues. Au X110 siecle, la Bourgogne surmonte deja ses tours deglises 
de fleches tres-ziigues, temoin le clocher de Saint-Jean d'Auxerre. En 
Normandie, les (flochers d'une petite (limension semblent n'avoir ete 
couronnes, au x1") siecle, que de tlcches de pierre ne (lonnant, guere 
au sommet qu'un zingle droit, (femme celle du joli clocher de Thaon 
pres Gaen; les gros clochers sont construits evideminent (surtout ceux 
eleves sur la eroisee des eglises) pour recevoir des pyramides de bois. 
(le n'est qu'au Xllle siecle que cette province couvre ses tours däiglises 
de tleches de pierre tres-aigues. Dans Flle-de-France, la methode 
adoptee en Normandie parait avoir ete suivie; les clochers les plus 
anciens ne possedent que des tltrches de pierre, trapues, et c'est pen- 
dant le xne siecle que les pyramides aigues apparaissent. La seule 
conclusion que l'on puisse tirer de ces renseignements divers, c'est 
que, vers 1150, dans le Centre, en Bourgogne, en Normandie et dans 
les provinces du domaine royal, laiguite des tleches etait consideree 
comme le complement,necessaire de tout clocher, gros ou petit. 
Mais revenons a la Bourgogne. Il s'etait forme, des le connnence- 
ment du xnr siecle, dans cette province, une ecole gothique qui mar- 
chait de pair avec celle de l'IIe-de-France et de la Ghampagne. Si les 
principes generaux qu'elle zivait zidoptes appartenaient, completelnent 
a la nouvelle revolution qui s'etait (iptiree dans l'architecture, elle 
possedait ciependztnt son earactere propre, distinct, resultat. de ses tra- 
ditions romanes, de la qualite des materieitix, et, il faut le (lire, de la 
nature d'esprit des habitants de cette province. Le Bourguignon etait 
et est encore hardi sans temerite; il va droit au but, evite les difficultes 
qui peuvent Farreter dans sa marche plutot que de discuter leur 
valeur ou leur etendue; moins fin que le Champenois et l'habitant des 
bords de la Seine, il peche plutot par exces de force : cette disposition 
va chez lui souvent, jusqu'a la brutalite. Il est pousse par sa nature a 
paraitre puissant, resolu, eulrzfprenznit; mais il possede un sens droit 
et ne saeritie jamais le vrai, le solide, a l'apparence du faste. Ces 
qualitcs et meule ces defauts percent de la maniere la plus evidente 
dans les monuments eleves pendant le XlIlÜSiQ-ClC en Bourgogne; car 
la nouvelle architecture, inaugurec au commencement de ce siecle, a 
cet zivantage, lorsqu'elle est sincerement et savamment appliquee, de 
mettre au jour toutes les qualites et les defauts de ceux qui l'em- 
ploient. (l'est pour cela que. nous regardons cette zirchitecture comme 
zippartenant veritablemelit. a notre pays. 
Les traditions, les lPlltlitllCPS du clerge vers un art hieratique, les 
formules, n'y peuvent rien; cet art marche tout seul et peint dans ses 
allures diverses le caractere des populations et meme des individus. 
Or les clochers, par les motifs deduits plus haut, monuments d'inspi- 
ration autant au moins que dutilite, font ressortir plus vivement que
        

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