Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Charnier-Console]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1111763
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1114366
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de la tunique sont larges, un peu fendues a leur extremitc et tres- 
ouvertes. Quanta la face du Fils de Dieu, elle offre un type tout. nou- 
veau alors pour l'0ccident. Les yeux sont legerement releves vers 
leurs extrcmites, saillants; les joues longues et plates, le nez tres-tin 
et droit, la bouche petite et les levres minces. La coiffure se conforme 
au signalenlent de Lentulus, et la barbe, courte, fournie, soyeuse, est 
divisee en deux pointes. 
Ce type, l'un des premiers peut-etre introduits en France a la fin du 
x10 siecle ou au commencement du x11", dut etre regarde, a cette epoque, 
comme une oeuvre remarquable, car nous le voyons reproduit, mais par 
des artistes grossiers, sur le tympan de la catbedrale d'Autun, poste- 
rieure de quelques annees a la nefde Vezelay, puis a l'abbaye de Char- 
lieu, puis entin dans beaucoup deglises secondaires; mais en se divul- 
guant ainsi, il perd de son caractere byzantin et reprend quelque chose 
aux vieilles traditions romaines. mvidemment les sculpteurs indigenes, 
tout en voulant imiter ces sculptures importees chez eux, ne pouvaient 
abandonner completement les anciennes methodes et. ne faisaient que 
les modifier. Cet art byzantin ne convenait pas a l'esprit des popula- 
tions occidentales, il etait trop bieratique; l'observation de la nature, 
le besoin de l'imitation, du vrai, l'amour pour le dramatique, devaient 
exercer une influence salutaire (l'abord, deplorable quand elle tomba 
dans Fexces. Cependant cette introduction d'un art ctranger avait eu 
un grand resultat, elle formait, de bons praticiens; car cette figure du 
Christ dont nous venons de donner une copie est executee avec une 
adresse de main tres-reniarquable, ainsi que le reste de ce bas-relief; 
on sent la un art complet, quoique soumis a une forme hieratiflue. 
Ce qui se produisant. en France pour la sculpture se produisait egalea- 
ment pour la peinture. Les fresques de Peglise abbatiale de Saint-Savin 
pres Poitiers, qui datent a peu pres de la meme epoque que le bas- 
relief de Vezelay, denotent une influence byzantine prononcee, au 
moins dans la representation des personnages sacres; celles qui se 
voyaient aussi dans la cathedrale du Puy en Velay, il y a quelques 
annees, se rapprochaient. encore davantage des types grecs. Ce n'est 
pas a dire que nous regardions les peintures de Saint-Savin ou du Puy 
comme ayant ete executees par des zirtistes grecs; il est certain, au 
contraire, qu'elles sont l'oeuvre de peintres occidentaux. Le geste dra- 
matique n'a rien de byzantin; c'est. seulement. dans la methode, dans 
les procedes et quelques types, comme celui du Christ, que la trace 
des arts d'Orient se fait sentir. La figure 2' nous dispenser-a de plus 
longues dissertations sur cet objet. Nous aurons l'occasion de revenir 
sur ces influences decoles au mot PEINTURE. 
C'est surtout dans les representations du Christ triomphant, au milieu 
de sa gloire, qu'il faut etudier la physionomie donnee, pendant le moyen 
age, au Fils de Dieu; car c'est en traitant ce sujet que les artistes se sont 
appliques a rendre les traits et le portdonnes au Sauveur par la tradition. 
1 Des fresques de Saint-Savin prizs Poiticrs.
        

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