Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Charnier-Console]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1111763
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1113388
GÜATEAU 
La necessite seule pouvait obliger les seigneurs feodztux a octroyer 
de ces chartes d'affranchissement, qui leur assuraient a la verite des 
revenus tixes (car les sujets des bourgs, villes et villages, ne les obte- 
naient qu'en payant au seigneur une rente annuelle), mais qui leur 
enlevaient des droits dont ils abusaient souvent, mettaient a neant des 
ressources de toutes natures que, dans Fctat de feodzilite pure, les ba- 
rons savaient trouver au milieu des populations qui vivaient sur leurs 
domaines. Une fois les revenus des seigneurs limites, etablis par des 
chartes confirmees parle roi, il fallait songer a limiter les depenses, a 
diminuer ces garnisons dispendieuses, a prendre un train en rapport 
avec Fetendue des rentes fixes, et dont les sujets ifetaient pas dispo- 
ses a augmenter la quotite. D'un autre (votre, le goüt du luxe, des habi- 
tations plaisantes, ziugmentait chez les barons, ainsi que le besoin 
(Fimposer aux populations par un etat de defense respectable, car 
l'audace de sujets auxquels on est. contraint. de faire des concessions 
s'accr0it en raison de Fetendue meme de ces concessions. 
Plus la nation tendait vers Funitc du pouvoir, plus la feodalite, 
opposee a ce principe par son organisation meme. cherchait, dans ses 
chateaux, a former comme une societe isolee, en opposition perma- 
nente contre toutacte emane, soit du roi et de ses parlelnents, soit du 
sentiment populaire. Ne pouvant arretei" le courant qui setait etabli 
depuis saint Louis et ne voulant pas le suivre, les seigneurs cher- 
chaient du moins a lui faire obstacle par tous les moyens en leur puis- 
szintze. Sous des princes dont la main titait ferme et les actes dicles par 
une extreme prudence, cette conspiration permanente de la feodalite 
contre llunite, l'ordre et la discipline dans tliltat, n'etait pas (lange- 
reuse, et ne se trahissait que par de sourdes menees bientot. etoutfees; 
mais si le pouvoir royal "tombait en des mains (lebites, la feodzilite 
retrouvait, avec ses pretentions et son arrogance, ses instincts de des- 
orgzinisation, son egois1ne,sonn1epris pourlztdiscipline, ses rivalites 
funestes a la chose publique. Brave isolement, la feodztlite zigissait ainsi 
devant l'ennemi du pays, en bataille rangee, comme si elle eut etc 
tache ou lrattre, sacrifiant souvent a son orgueil les interets les plus 
sacres de la nation. Vaincue par sa faute en rase campagne, elle se re- 
fugiait dans ses chateaux, en elevait de nouveaux, ne se souciant; ni de 
l'honneur du pays, ni de Findependance du souverzxin, ni des maux de la 
nation, mais agissant. suivant son interet personnel ou sa fantaisie. Ce 
tableau de la feodalite sous le regne du malheureux Charles V1 n'est pas 
assombri a (lessein, il n'est que la tidele image de cette triste epoque. 
a Et quant les vaillans entrepreneurs (chefs militaires), dit. Alain Char- 
a tier 1, dont mercy Dieu encores en a en ce POYZIUlmtHIO bien esprouvez, 
a mettent peine de tirer sur champ les nobles pour aucun bienfaire, ils 
a delaient si longuement a partir bien enuis, et s'avancent si tost de 
a retournervoulentiers, que a peine se puet riens bien commencer; mais 
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inueclill 
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