Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Arts-Chapiteau]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1106011
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1111592
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CHAPITEAU 
ceaux de colonnettes en nombre egal, au moins, au nombre des arcs; la 
forme d'encorbellement donnee aux chapiteaux du commencement de ce 
siecle n'avait plus de raison d'etre; ils perdent de leur saillie et de leur 
hauteur; sculptes desormais dans une seule assise, le tailloir compris, 
pour les colonnettes de diametres diiferents, ils ne forment plus guere 
qu'une sorte de guirlande de feuillages a la naissance des arcs. La trace 
des crochets ou des bouquets se fait longtemps sentir cependant; mais 
ceux-ci sont tellement serres, leurs intervalles si bien beurres de feuillages 
et de tiges, qu'a peine si l'on soupconne la corbeille. Non contents d'avoir 
apporte la confusion dans ces belles compositions du commencement du 
X1118 siecle, les sculpteurs se plaisent a chiffonner leurs feuillages, a les 
contourner et a en exagerer le modale. De cette recherche et de cet oubli 
do l'effet d'ensemble dans Fexecution des details, il resulte une monotonie 
qui fatigue; et autant on aime a voir, a etudier ces larges et plantureurr 
chapiteaux primitifs de l'ere ogivale, autant il faut de courage, nous di- 
rons, pour chercher a dcmeler ces fouillis de feuillages dont les artistes 
de la lin du XIIIB siecle garnissent les corbeilles de leurs chapiteaux. Il 
est utile cependant de les connaitre, car rien ne doit etre neglige dans 
l'etude d'un art; on n'arrive a en comprendre les beautes qu'apres en 
avoir signale les defauts et les abus, lorsque ces defauts et ces abus ne 
sont que Yexageration d'un principe pousse aux dernieres limites. 
Nous ne fatiguerons pas nos lecteurs en multipliant les exemples; ce 
serait inutile d'ailleurs : car, s'il y a, dans les details des chapiteaux de 
la fin du XIIIB siecle et du commencement du xlv", une grande variete, 
ils ont une uniformite d'aspect qui doit nous dispenser d'en donner 
un grand nombre de copies. 
Il n'est pas possible d'admettre qu'a la {in du X112 siecle et jusqu'a la 
moitie du XIIIE les architectes ne se soient preoccupes de la composition 
ct de la decoration des chapiteaux. Ce membre de l'architecture tenait 
trop alors ä la construction; il avait, au point de vue de la solidite et de la 
rcpartition des forces, une trop serieuse importance, pour que l'architecte 
rfimposat pas, non-seulement sa forme generale, son galbe, mais encore 
la disposition dc ses details. L'architecte cräait alors une architecture; 
tous les divers ouvriers qui concouraient a l'oeuvre n'etaient que des mains 
travaillant sous l'inspiration d'une intelligence qui savait seule a quel 
resultat devaient tendre ces efforts isoles. A la lin du X1118 siecle, il n'en 
etait plus ainsi : l'architecture etait creee; le maitre de l'oeuvre pouvait 
desormais se reposer sur les appareilleurs et les sculpteurs pour executer 
des conceptions qui ne sortaient jamais d'une loi Iixe. Un sommier d'arcs 
donne exigeait une pile tracee d'une certaine maniere, des chapiteaux 
de telle forme; l'assise portant ces chapiteaux etait livree au sculpteur, 
et celui-ci, trouvant les angles du tailloir et les astragales tailles qui indi- 
quaient les sommiers des arcs et la section de la pile, n'avait rien a de- 
mander: il pouvait travailler a son muvre personnelle en toute assu- 
rance; il s'y complaisait, ne se preoccupait guere, au fond de son atelier, 
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