Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Arts-Chapiteau]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1106011
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1110117
 389  [ CATHEDRALE ] 
des trois portes, sont posees les slatues des proplietes, et au-dessous, les 
propheties dans des rnedaillons: c'est comme une sorte de prologue aux 
sceues sculplees autour des portes et qui tiennent il la nouvelle loi. Sur 
les faeades des grandes cathedrales du titre de sainte Marie, mere de Dieu, 
au-clessus des portes, on voit une serie de statues colossales de rois ance- 
tres de la Vierge 1; ils assistent il sa glorification. Une galerie superieure 
1 A Paris, a Rcims, a Amiens, on a voulu voir, dans ces statues de rois, la serie des 
rois de France; et cette idee populaire date de fort loin, puisqu'elle est (leja exprimec 
au Xllle siecle. L'une de ces statues, invariablement posee sur un lion, est alors prise 
pour Pepin. Dans Les XXII manieres de vilains, manuscrit qui date de la lin du Xlllo 
siecle, on lit ce passage : a Li vilains babuins est cil ki va devant Notre-Dame a Paris, 
a et regarde les rois et dist : N'es-lai Pepin, ves-la Charlemainne. Et on li coupe sa _horse 
a par deriere. n Nous ne voyons pas cependant que les eveques qui, a la [in du xue siecle, 
lixerent les regles generales de l'iconographie des cathedrales, aient voulu representer 
les rois de France sur les portails des egliscs du titre de sainte Marie, mais bien plu- 
tot les rois de Juda; car rien ne rappelle l'histoire contemporaine dans ces grands 
monuments, ou, quand par hasard elle s'y montre, ce n'est que d'une maniere tres- 
aeeessoire. Le manuscrit cite ici est une satire, et son auteur a bien pu d'ailleurs, 
en faisant ainsi parler le badaud parisien devant le portail de Notre-Dame de Paris, 
vouloir rappeler une erreur populaire. Il nous parait plus conforme a l'esprit de Fepoqne 
d'admettre que les statues des rois sont des rois de Juda, puisqu'ils completent, par leur 
presence. les representations des personnages qui participent a la venue du Christ. 
Le roi toujours pose sur un lion, et tenant une croix et une epce, ne peut etre que 
David; l'autre roi, tenant egalement une croix et un anneau ou un globe, Salomon. 
D'ailleurs, avant. le regne de PhiIippe-ililguste, ct meule jusqu'a celui de saint Louis, 
les eveques ne pouvaient avoir, de la puissance royale, les idees admises a la lin 
du Xllle siecle. ll nous suffira, pour l'aire comprendre ce qui-tait, au xue siecle, un 
roi de France aux yeux de Feveque et du chapitre de Paris, de citer un fait rap- 
porte par un ecrivain contemporain, Etienne de Paris. a J'ai vu, dit-il, que le roi 
a Louis (Vll), qui vouloit arriver un jour a Paris, etant surpris par la nuit, se retira dans 
a un village des (rhanoines de la cathedrale appele Creteil (Cristoliimz). Il y coucha; et 
a les hahitans fourniront la depcuse. Des le grand malin, on le vint rapporter aux 
a chanoines; ils en furent fort aflliges et se dirent l'un a l'autre: a  C'est fait de 
a Fliglise, les privileges sont perdus : il faut ou que le roi rende la depense, ou que l'ofl1ce 
a cesse dans notre eglise. n Le roi vint a la cathedrale des le meule jour, suivant la cou- 
a tume ou il etoit d'aller a la grande eglise, quelque temps qu'il fit. Trouvant la porte 
u feruiee, il en (Iüllllllldil la raison, disant que si quelqu'un avoit offense cette eglise, il 
a vouloit la dedommager. On lui repondit: u  Vraiment, sire, c'est vous-meule qui, 
u contre les coutumes et Iibertes sacrees de cette sainte eglise, avez soupe hier a Creteil, 
a non a vos hais, mais a ceux des hommes de cette eglise, etldest pour cela que l'office est 
a cesseiei, et que la porte est ferinee, les chanoines etant resolus de plutot souffrir-toutes 
a sortes de tourments que de laisser de leur temps enfreindre leurs libertes. n Ce roi 
a tres-chretieu fut frappe de ces paroles. (c  Ce qui est arrive, dit-il, n'a point au fait 
a de dessein premedite. La nuit m'a retenu en ce lieu, et je n'ai pu arriver a Paris 
aeonnne je me l'etois propose. C'est sans force ni contrainte que les habitants de 
u Greteil ont fait de la depensi: pour 1110i; je suis fache maintenant d'avoir accepte 
a leurs offres. Que Feveque Thihaud vienne, avec le doyen Clement, que tous les 
a chanoines approchent, et surtout le chanoine qui fest prevot de ce village : si je suis 

        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.