Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Abaque-Aronde]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1100478
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1105560
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ARMOIRIES 
furent montres devant les inüdeles; lorsque, revenus des champs de 
bataille de YOrient, les ehretiens occidentaux rapporterent avec eux ces 
armes peintes, ils durent les conserver autant comme un souvenir que 
comme une marque honorable de leurs hauts faits. De tout temps les 
hommes qui ont affronte des perils ont aime a conserver les temoins 
muets de leurs longues souffrances, de leurs eiforts et de leurs succes. 
Les armes emaillees de couleurs varices, de figures singulieres, portant 
la trace des combats, furent religieusement suspendues aux murailles 
des chateaux feodaux; detait en face d'elles que les vieux seigneursr 
racontaient leurs aventures d'entre-mer a leurs enfants, et ceux-ci s'ha- 
bituaient a considerer ces ecus armoyes comme un bien de famille, une 
marque d'honneur et de gloire qui devait etre conservee et transmise de 
generation en generation. C'est ainsi que les armoiries prises d'abord 
pour se faire reconnaitre pendant le combat, devinrent hereditaires 
comme le nom et les biens du chef de la famille. Qui ne se rappelle avoir 
vu, apres les guerres de la revolution et de l'empire, un vieux fusil 
rouille suspendu au manteau de la c-heminee de chaque chaumiere?  
Les armoiries devenues hereditaires, il fallut les soumettre a de cer- 
taines lois fixes, puisqu'elles devenaient des titres de famille. ll fallut bla- 
sonner les armes, dest-ä-dire les expliquer 1. Ce ne fut toutefois que vers 
la fin du xue siecle que l'art heraldique posa ses premieres regles2; 
pendant le XIIIÜ siecle il se developpa, et se fixa pendant les XIVe et 
xve siecles. Alors la science du blason etait fort en honneur; detait 
comme un langage reserve äla noblesse, dont elle etaitjalouse et quielle 
tenait a maintenir dans sa purete. Les armoiries avaient pendant le 
XIVB siecle pris une grande place dans la decoration, les etoffes, les vete- 
ments : c'est a ors que les seigneurs et les gens de leurs maisons portaient 
des costumes armoyes. Froissart, dans ses Chroniques, ne fait pas paraitre 
un noble de quelque importance sans faire suivre son nom du blason 
de ses armes. Les romans des X1118 et XIVB sieeles, les proces-verbaux de 
fetes, de ceremonies, sont remplis de descriptions heraldiques. Nous ne 
pouvons dans cet article que donner un apercu sommaire de cette science, 
bien quielle soit d'une grande utilite aux architectes qui s'occupent d'ar- 
cheologie. Faute d'en connaitre les premiers elements, nous avons vu de 
notre temps commettre des bevues dont le moindre inconvenient est de 
1 Blasonner vient du mot allemand blasen (sonner du cor) : a (Ifetait autrefois la cou- 
a fume de ceux qui se presentaicnt pour entrer en lice dans les tournois, de notifier ainsi 
u leur arrivee; ensuite les lierauts sonnaienf. de la trompette, blasonnaient les armes des 
u chevaliers, les (Iecrivaient ä haute voix, et se räpandaient quelquefois en eloges au sujet 
a de ces guerriers.  (Nouv. Mltlzod. du blason, ou FArt Izdmld. du P. Menestrier, mise 
dans un meilleur ordre, etc., par M.  In-8, Lyon, 1'770.)  
2 a Louis le Jeune est le premier de nos rois qui soit represente avec des fleurs de lys 
m1 la main et sur sa couronne. Lorsqu'il lit couronner son fils, il voulut que la dalmatiqne 
a et les bottines du jeune prince fussent de couleur d'azur el scmees de fleurs de lys d'or. n 
(lbizL)
        

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