Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Abaque-Aronde]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1100478
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1104858
A RCHITECTUHE 
1100 
merent a leur tour (que leur restait-il d'ailleurs  et formerent les 
terribles compagnies des Jacques. Ces troupes de soldats brigands, licen- 
ciees, abandonnees a elles-memes apres les defaites, se ruaient sur les 
villes et les chateaux : a Et toujours gagnoient povres brigands, dit 
a Froissart, a derober et piller villes et chateaux, et y conqueroient 
u si grand avoir que c'etoit merveille... Ils epioient, telle fois etoit, et 
a bien souvent, une bonne ville ou un bon chatel, une journee ou deux 
u loin; et puis sassembloient vingt ou trente brigands, et s'en alloient 
a tant de jour et de nuit, par voies couvertes, que ils entroient en celle 
a ville ou en cel chalel que epie avoient, droit sur le point du jour 
a et boutoient le feu en une maison ou en deux. Et ceux de la ville 
a cuidoient que ce fussent mille armures de fer qui vouloient ardoir leur 
a ville : si senfuyoient qui mieux mieux, et ces brigands brisoient mai- 
a sons, collres et ecrins, et prenoientquant qu'ils trouvoient, puis s'en 
u alloient leur chemin, charges de pillage... Entre les autres, eut un bri- 
u gand en la Languedoc, qui en telle maniere avisa et epia le fort chatel 
u de Combourne qui sied en Limosin, en tres-fort pays durement. Si che- 
a vaucha de nuit a tout trente de ses compagnons, et vinrent a ce fort 
a chatel, et Pechellerent et gagnerent, et prirent le seigneur dedans que 
a on appelloit le vicomte de Combourne, et occirent toute la niaisnee 
a de leans, et mirent le seigneur en prison en son chatel meme, et le tin- 
a rent si longuement, qu'il se ranqonna a tout vingt-quatre mille ecus 
u tous appareilles. Et encore detint ledit brigand ledit chatel et le garnit 
a bien, et en guerroya le pays. Et depuis, pour ses prouesses, le roi de 
a France le voulut avoir de-lez lui, et acheta son chatel vingt mille ecus; 
u et fut huissier d'armes du roi de France, et eut grand honneur de-lez 1e 
a roi. Et etoit appelle ce brigand, Bacon. Et etoit toujours monte de bons 
u coursiers, de doubles roncins et de gros palefrois, et aussi bien arme 
a comme un comte et vetu tries-richement, et demeura en ce bon etat 
a tant qu'il vesquit. n Voici le roi de France qui traite avec un soldat de 
fortune, lui donne une position superieure, l'attache a sa personne : le roi 
fait ici pour la defense du territoire un grand pas; il va chercher les de- 
fenseurs du sol en dehors de la feodalite, parmi des chefs sortis du peuple. 
C'est avec ces compagnies, ces soldats sans patrie, mais braves, habitues 
au metier des armes, avec ces routiers sans foi ni loi, que du Guesclin 
va conquerir une a une toutes les places fortes tombees entre les mains 
des Anglais. Le malheur, le desespoir, avaient aguerri les populations; 
les paysans eux-memes tenaient la campagne et attaquaient les chateaux. 
 Pour conquerir une partie des provinces francaises,les Anglais n'avaient 
eu a lutter que contre la noblesse feodale; apres avoir pris ses chateaux 
et domaines, et ne trouvant pas de peuple sous les armes, ils ne laisserent 
dans leurs places fortes que des garnisons isolees, peu HOmÜPGÜSÜS, 111161- 
ques armures de fer soutenues d'un petit nombre d'au-chers : les Anglais 
pensaient que la noblesse feodale francaise sans armee ne PÜÜVÜÜ, mälgfä 
cccxxnv, zädit. 
Froissart, chap. 
Buchon.
        

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