Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Abaque-Aronde]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1100478
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1103929
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eurent une influence directe sur leur temps, des institutions qui avaient 
contribue au developpement de la civilisation; nous avons du passer sous 
silenceun grand nombre d'ordres qui, maigre leur importance au point 
de vue religieux, ifexercerent pas une action particuliere sur les arts et 
sur les sciences. Parmi ceux-ci il en est un cependant que nous ne sau- 
rions omettrc: c'est l'ordre des Chartreux, fonde, a la fin du x1" siecle, 
par saint Bruno. Alors que les clunisiens elaient constitues en gouverne- 
ment, etaient meles a toutes les zlffaiiees de cette epoque, saint Bruno eta- 
blissait une regle plus austere encore que celle de Citeaux : detait la vie 
cenobitiquc dans toute sa purete primitive. Les chartrcuxjeünaient tous 
les vendredis au pain et a l'eau; ils sabstenaient absolument de viande, 
meme en cas de maladie, portaient un vetement grossier, et faisaient 
horreur d voir, ainsi que le dit Pierre le Venerable au second livre des 
jlliracles. Ils devaient vivre dans la solitude la plus absolue; le prieur 
et le procureur de la maison pouvant seuls sortir de l'enceinte du mo- 
nastere; chaque religieux etait renferme dans une cellule, a laquelle on 
ajouta un petitjardin vers le milieu du XIIe siccle. 
Les chartreux devaient garder le silence en tous lieux, se saluant entre 
eux sans dire un mot. Cet ordre, qui conserva plus que tout autre la rigi- 
dile des premiers temps, avait sa principale maison a la Grande-Char- 
treuse, pres de Grenoble; il etait divise en seize ou dix-sept provinces, 
contenantcent quatre-vingt-neuf monasteres, parmi lesquels on en comp- 
tait quelques-uns de femmes. Ces monasteres prirent tous le nom de 
clzarlreuses, et etaient etablis de preference dans des deserts, dans des 
montagnes, loin des lieux habites. L'architecture des chartreux se ressent 
de Fexcessive severite de la regle ; elle est toujours d'une simplicite qui 
exclut toute idee d'art. Saufforatoirc et les cloitres, qui presentaient un 
aspectmonumental, le reste du couvent ne consistait qu'en cellules, com- 
posees primitivement d'un rez-de-chaussee avec un petit enclos de quel- 
ques nietres. A partir du xve siecle seulement, les arts penetrerent dans 
ces etablissements, mais sans prendre un caractere particulier; les cloitres, 
les eglises, devinrent moins nus, moins depouilles; on les decora de 
peintures qui rappelaient les premiers temps de l'ordre, la vie de ses fon- 
dateurs. Les chartreuses n'eurent aucune influence sur l'art de l'archi- 
tecture; ces couvents restent isoles pendant le moyen äge, et c'est acela 
qu'ils durent de conserver presque intacte la purete deleur regle. Cepen- 
dant, des le XIIF siecle, les chartreuses presentaient, comparativement 51 
ce qu'elles etaient un siecle ziuparavant, des dispositions presque confor- 
tables, qu'elles conserverent sans modifications importantes jusque dans 
les derniers temps.  
Nous donnons le plan de la chartreuse de Clermont (fig.  modifiee 
en 1676. On peut voir avec quel soin tout est prevu et combine dans cette 
f Nous devons cc plan il l'obligeance de M. Mallay, architecte diocäsnin de Clcpmont 
(Puy-dc-Däme), qui a bien voulu nous Cl1VOX0l' un calque de l'original. La grande char-
        

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