Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Abaque-Aronde]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1100478
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1103654
ARCHITECTURE 
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renommee de ce nouveau centre d'enseignement eclipsa bientüt toutes 
les ecoles des grandes abbayes d'Oceident. 
Les etablissements religieux n'avaient pas peu contribue, par le modele 
(l'organisation qu'ils presentaieiat, la solidarile entre les habitants d'un 
rneme monastere, parleur espritcfindepentlance vis-a-vis du pouvoirlztique 
et dioeesain, au developpement des communes. Des chartes (l'affranchis- 
sement furent aceordees, au xne sieele, non-seulement par des eveques, 
seigneurs temporels l, mais aussi par des zlbbes. Les moines de Morimond, 
de Citeaux, de Pontigny, furent des premiers a provoquer des etablisse- 
ments de communes autour (Yeux. Beaucoup de monasteres, en mainte- 
nant Punite paroissiale, enfanterent Fnnite communale : leurs archives 
nous donnent des exemples d'administrations municipales copiees sur 
l'administration conventuelle. Le maieur, le syndic representaient Yabbe, 
et les anciens appeles a deliberer sur les affaires et les interets de la com- 
mune, les vieillards du monastere qui aidaient Fabbe de leurs conseils 2; 
l'election,qui etait la base de Yautorite dans le monastere, etait egalement 
adoptee par la commune. Plus d'une fois les moines eurent lieu de se re- 
pentir d'avoir ainsi aide au developpement de l'esprit municipaLet l'orga- 
nisation qu'ils avaient su etablir autour de leurs abbayes leur-fut fatale. 
Ils suivaient en ceci la marche naturelle des choses. Pour prosperer, il 
fallait fonder l'ordre et le travail sur le territoire de l'abbaye; l'ordre 
et le travail sont les premiers enseignements de la liberte : aussi les vas- 
saux des abbes reclamaient-ils hientot des chartes (l'affranchissement. 
Avant le X110 siecle, un grand nombre de parrjwisses, de collegiales. etaient 
devenues la proie de seigneurs feodailx, qui jouissaient ainsi des bene- 
tiees ecclesiastiques enleves au pouvoir episcopal. Peu a peu, gracc 
a l'esprit de suite des ordres religieux, a leur influence, ces benellees leur 
furent eoncedes par la noblesse seculiere, a titre de donations, et bien- 
tot les abbes se dessaisirent de ces fiefs en faveur des eveques, qui ren- 
trerent ainsi en possession de la juridiction dont ils avaient etc depouilles; 
car il faut rendre cettejustiee aux ordres religieux, qu'ils eontribuerent 
puissamment a rendre l'unite a Fliglise, soit en reconnaissant et de- 
fendant Fautorite du saint-siege, soit en reunissant les biens ecclesias- 
tiques envahis par la feodalite seculiere, pour les replacer sous la main 
episcoiaale. Des hommes tels que saint Hugues, saint Bernard, Suger, 
Pierre le Yenerable, avalent l'esprit trop eleve, pour ne pas comprendre 
que Tetatmonzistique, tel qu'il existait de leur temps, et tel qu'ils l'avaient 
fait, etait un etat "transitoire, une sorte de mission temporaire, appelee 
a tirer la societe de la barbarie, mais qui (levait perdre une grande pilrlig 
de son importance dujour ou le sueces vriendrait couronner leurs efforts, 
En effet, a la fin du XIF sieele dan, l'influence acquise par les benedietins 
dans les affaires de ce monde s'affaiblissait, Feducation sortait de 191113 
mains. Les bourgs et villages qui setaient eleves autour de leurs elablis- 
1 Entre autres, ceux de lleiins, d'Amiens et de Laon. 
2 Ilist. de l'abbaye de jllozrinzonrvl, par M. Fabbe Dubeis, cliap. xxiu.
        

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