Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Abaque-Aronde]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1100478
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1103488
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droits de seigneurs feodaux, et cette situation meme ne contribua pas peu 
a leur decadence, lorsque le pouvoir royal, d'une part, et les privileges 
des communes, de l'autre, prirent une grande importance; elle les placait 
souvent(et a moins d'exemptions particulieres, que le suzerain n'admet- 
tait qu'avec peine) dans l'obligation de fournir des hommes d'armes en 
temps de guerre, ou de tenir garnison. A la [in du X110 siecle, quand la mo- 
narchie devient preponderante, les grands etablissements religieux qui 
se sont eleves, humbles d'abord, en face de la feodalite, absorbent le cha- 
teau, puis sont absorbes a leur tour dansFunite monarchique; mais c'est 
au moment oü ils passent de Fetat purement monastique aFetat de pro- 
prietaires feoclaux, dest-äi-dire sous les regnes de Philippe-Auguste et 
de saint Louis, qu'ils s'entourent d'enceintes fortifiees. Toute institution 
tient toujours par un point au temps ou elle fleurit. L'institut monastique, 
du moment qu'il etait possesseur de terres, (levenait forcement pouvoir 
feodzil, car on ne comprenait pas alors la propriete sous une autre forme. 
Les abbes les plus illustres de Cluny avaient senti combien cette pente 
etait glissante, et pendant les Xle et XIIÜ sieeles ils avaient, par des refor- 
mes successives, essaye d'enlever a la propriete monastique son caractere 
feodal; mais les mceurs elaient plus fortes que les reformes, et Gluny, qui, 
par sa constitution, son importance, le personnel inlluent qui faisait 
partie de l'ordre, les bulles des papes, et ses richesses, paraissait invul- 
nerable, devait elre attaque par le seul cote qui donnait au suzerain le 
moyen de s'immiscer dans ses affaires; et ce cote attaquable, detaient 
les droits seigneuriaux des abbes. 
Dans les dernieres annees du x12 siecle, trois religieux de Molesmes, 
saint Robert, saint Alberic et saint Etienne, apres s'0tre efforees de refor- 
mer leur abbaye, qui etait tombee dans le plus grand relachement, allerent 
a Lyon, en compagnie de quatre autres freres, trouver Farchevequo 
Hugues, legat du saint-siege, et lui exposerenl; qu'ils desiraient fonder 
un monastere ou la regle de Saint-Benoit füt suivie avec la plus grande 
rigueur; le legat loua leur zele, mais les engagea a nlwntreprendre cette 
tache qu'en compagnie d'un plus grand nombre de religieux. En effet, 
bientot (luatorze freres se joignirent a eux, et ayant reeu l'avis favorable 
du legat, ils partirent ensemble de Molesmes et allerent s'etablir dans une 
foret nommee (liteaux, situee dans le diocese de Chaton. C'e'tait une de 
ces solitudes qui occupaient alors une grande partie du sol des Gaules. Le 
vicomte de Beaune leur abandonna ce desert. La petite colonie se mit 
a lünuvre et eleva bientüt ce que les annales cisterciennes appellent le 
nzunastäre de bois Ce lieu etait humide et mareeageux; l'oratoire fut bati 
en un an, de 4 098 a 1099 : ce n'etait qu'une pauvre chapelle. Les vingt et un 
religieux n'eurent dans l'origine ni constitution ni reglements particuliers, 
et sattacherent litteralement 51 la regle de Saint-Benoit; ce ne fut qu'un 
peu plus tard que saint Alberic redigea des statuts. a Les nouveaux soli- 
taires devaient vivre des travaux de leurs mains, dit l'auteur des annales 
de l'ordre, sans toutefois manquer aux devoirs auxquels ils etaient obliges
        

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