Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Abaque-Aronde]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1100478
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1103417
ARCHITECTURE 
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se changent en vertes prairies, les forets sont amenagees, les coteaux 
arides se couvrent de vignobles. Qui ne sait que les meilleurs bois, les 
moissons les plus riches, les vins precieux proviennent encore aujourd'hui 
des terres dont les moines ont aie depossedes? A peine l'oratoire et les cel- 
lules des benedictins etaient-ils eleves au milieu d'un desert, que des chau- 
mieres venaient se grouper alentour; puis, a mesure que l'abbaye ou le 
prieure senrichissait, le hameau devenait un gros village, puis une bour- 
gade, puis une ville. Cluny, Paray-le-Monial, Marcigny-les-Nonains, Char- 
lieu,Vezelay,Clairvaux, Pontigny, Fontenay, Morimond, etc. , n'ontpas une 
autre origine. La ville renfermait des industriels instruits par les moines; 
des tanneurs, des tisserands, des drapiers, des corroyeurs, livraient a l'ab- 
baye, moyennant salaire, les produits fabriques de ses troupeaux, sans 
craindre le ehomage, la plaie de nos villes manufacturieres modernes; 
leurs enfants etaient eleves gratuitement a l'abbaye, les inlirmes et les 
vieillards soignes dans des maisons hospitalieres bien disposees et bien 
baties; souvent les monasteres elevaient des usines pour l'extraction et le 
faqonnage des metaux : detaientalors des forgerons, des chaudronniers, des 
orfevres meme qui venaient se grouper autour des moines, ct s'il surve- 
nait une annee de disette, si la guerre devastait les campagnes, les vastes 
greniers de l'abbaye s'ouvraient pour les ouvriers sans pain. La eharite alors 
ne se couvrait pas de ce manteau froid de nos ctablissements modernes, 
mais elle accompagnait ses dons de paroles consolantes, elle etait toujours 
la, presente, personnifiee par l'Eglise. Non contente de donner le remedc, 
elle lappliquait elle-meme, en suivait les progres, connaissait le malade, 
sa famille, son etat, et le suivait jusqu'au tombeau. Le paysan de l'abbaye 
etait attache a la terre, comme le paysan du seigneur seculier, mais par 
cela müme, loin de se plaindre de cet etat, voisin de l'esclavage politique- 
ment parlant, il en tirait protection et assistance perpetuelle pour lui et 
ses enfants. Ce que nous avons vu etabli au 1x6 siecle dansFenceinte d'une 
villa (voy. le plan de l'abbaye de Saint-Gall) setendait, au x18 sieclc, sur 
un vaste territoire, ou remplissait les murs d'une ville. Dire que cet etat de 
choses ne comportait aucun abus serait une exageration; mais au milieu 
d'une societe divisee et desordonnee comme etait celle du x1" sieele, il est 
certain que les etablissements monastiques formaient un etat relative- 
ment bon. Ce n'est pas tout: les monasteres, dans un temps ou les routes 
etaient peu sures, etaient un refuge assure pour le voyageur, qui jamais 
ne frappait en vain a la porte des moines. Ceux qui ont visite FOrient savent 
combien est precietise Fhospitalite donnee par les couvents a tous venants; 
mais combien devait etre plus efficace et plus magnilique surtout celle 
qu'on trouvait dans des maisons comme Cluny, comme Clairvaux. A ce 
propos qu'on nous permette de citer ici un passage d'Udalrie' : a Comme 
1 Udalr. Anffq. ronsuelurL, lib. Il], cap. xxxv. Nous empruntons cette traduction Z1 
l'ouvrage de M. Pabbä Cuchcrat, que nous avons däjil cu occasion de Citer plusieurs 
fois. Les Antiguiores consuetudines clunmcensis nzonasteriz" d'Udal1-ic se trouvent
        

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