Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Abaque-Aronde]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1100478
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1103307
 2115  [ ARCHITECTURE ] 
pas seulement d'agriculture, et ne se contentaient pas d'ouvrir un asile 
aux ämes pieuses, degoütees du monde; ils savaient s'entourer d'ou- 
vriers, d'artisans, et preparaient ainsi la renaissance de l'industrie et des 
arts; et en effet, deja sous Charleniagne, les etablissements religieux 
avaient acquis des richesses et une importance considerables ; ils tenaient 
la tete de l'enseignement, de l'agriculture, de l'industrie, des arts et des 
sciences ; seuls, ils presentaient des constitutions regulieres, stables. 
(Yetait de leur sein que sortaient tous les hommes appeles a jouer un 
role en dehors de la carriere des armes. Depuis sa fondation jusqu'au 
concile de Constance, en 1005, l'ordre de Saint-Benoit avait eleve quinze 
"mille soixante-dix abbayes dans le monde alors connu, donne a Yeglise 
vingt-quatre papes, deux cents cardinaux, quatre cents archeveques, 
sept mille eveques. Mais cette influence prodigieuse avait ete la cause de 
nombreux abus, meme au sein du clerge regulier; la regle de Saint- 
Benoit etait fort relachee des le x8 siecle, les invasions periodiques des 
Normands avaient detruit des monasteres, disperse les moines; la misere, le 
desordre qui en est la suite, alteraient les caracteres de cette institution; 
le morcellement feodal achevait de detruire ce que l'abus de la richesse 
et du pouvoir, aussi bien que le malheur des temps, avait entame. L'in- 
stitut monastique ne pouvait revivre et reprendre le role important qu'il 
etait appele a jouer pendant les x18 et X110 siecles quhpres une reforme. 
La civilisation moderne, a peine naissante sous le regne de Charle- 
magne, semblait expirante au x2 siecle; mais de l'ordre de Saint-Benoit, 
reforme par les abbes de Gluny, par la regle de (liteaux, il devait surgir 
"des rejetons vivaces. Au x8 siecle, Cluny etail un petit village du Macon- 
nais, qui devint, par testament, la propriete du duc d'Aquitaine, Guil- 
laume le Pieux. Vers la fin de sa vie, le duc Guillaume voulut, suivant 
l'usage d'un grand nombre de seigneurs puissants, fonder un nouveau 
monastere. Il manda Bernon, diune noble famille de Sequanie, abhe de 
Gigny et de Baume, et voulut, en compagnie de ce saint personnage, 
chercher un lieu propice ä la realisation de son projet. u Ils arriverent 
enflfl, dit la chronique, dans un lieu ecarte de toute societe humaine, 
si desert, qu'il semblait en quelque sorte l'image de la solitude cälesle. 
{Yetait Gluny. Mais comme le duc objectait qu'il n'etait guere possible de 
sR-itablir en tel lieu, a cause des chasseurs et des chiens qui remplis- 
saient et troublaient les forets dont le pays etait couvert, Bernon repou- 
dit en riant : Chassez les chiens et faites venir des moines; car ne savczevous 
pas quel proht nzeilleur vous demeurera des chiens de chasse ou des prfifres 
monastiques ? Cette repense decida Guillaume, et l'abbaye fut creee 1.  
(Yetait vers 909. Nous croyons devoir transcrire ici le testament, l'acte de 
donation du duc Guillaume; cette piece est une ceuvre remarquable, au_ 
tant par Pelevation et la simplicitc du langage que par les details pleins 
Histoire de l'abbaye de Cluny, par M. P. Lorain. Paris, 18115, p.
        

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