Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Abaque-Aronde]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1100478
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1103072
ARCHITECTURE 
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sculpteur, le musicien et le poete peuvent s'isoler; ils n'ont besoin pour 
exprimer ce que leur esprit coneoit que d'un peu de couleur, d'un mor- 
ceau de pierre ou de marbre, d'un instrument, ou d'une eeritoire. Mais 
l'architecture est soumise a des circonstances completement etrangeres 
il l'artiste et plus fortes que lui : or, un des catrztcteres frappants de l'ar- 
chitecture religieuse inaugurce par les artistes laiques ä la {in du xne siecle, 
c'est de pouvoir se preter a toutes les exigences, de permettre l'emploi 
de Yornementation la plus riche et la plus charge-e qui ait jamais etc 
appliquee aux eclitiees, ou des formes les plus simples et des procedes les 
plus economiques. Si a cette epoque quelques grandes eglises affectent 
une richesse apparente, qui contraste avec lextreme pauvrete des moyens 
de construction employes, cela tient a des exigences dont nous venons 
d'indiquer les motifs; motifs d'une importance telle que force ctait de s'y 
soumettre. a Avant tout, la cathedrale doit etre spacieuse, splendide, 
cclatante de verrieres, decoree de sculptures; les ressources sont. modi- 
ques, n'importe! il faut satisfaire a ce besoin religieux dont l'importance 
est superieure a toute autre consideration; contentons-nous de fonda- 
tions imparfaites, de materiaux mediocres, mais elevons une eglise 51 
nulle autre egalc dans le dioeese. Elle perira promptement, n'importel 
il faut qu'elle soit elevec; si elle tombe, nos successeurs en batiront une 
autre. n Voila comment devait raisonner un eveque a la fin du x11" siecle; 
et s'il etait dans le faux au point de vue de l'art, il etait dans le vrai au 
point de vue de Funite religieuse. 
Ce n'etait donc ni par ignorance, ni par negligenee, que les architegtgg 
du Xlllc sieclc construisaient mal, quand ils construisaientmal, puisqu'ils 
ont eleve des edilices irreprochables comme construction, mais bien 
parce qu'ils etaient domines par un besoin moral ifadmettant aucune ob- 
jection,,et la preuve en est dans cette quantite innombrable d'eglises du 
second ordre, de collegiales, de paroisses, ou la penurie des ressources a 
produit des editices d'une grande sobriete d'ornementation, mais oü l'art 
du constructeur apparait d'autant plus que les procedes sont plus sim- 
ples, les materiaux plus grossiers ou de qualite mediocre. Par cela meme 
que beaucoup de ces editices construits avec parcimonie sont parvenus 
jusque nous, apres avoir traverse plus de six siecles, on leur reproche 
leur pauvrete, on accuse leurs constructeurs! mais s'ils etaient tombes, 
si les cathedrales de Chartres, de Reims ou d'Amiens etaient seules debout 
aujourd'hui, ces constructeurs seraient donc irreprochables? (Voy. CoN- 
STRUCTION, CATHEDRALE.) Dans notre siecle, Punite politique et adminis- 
trative fait converger toutes les ressources du pays vers un but, suivant les 
besoins du temps, et cependant nous sommes temoins tous les jours de 
l'insuffisance de ces ressources lorsqu'il s'agit de satisfaire ä de grands 
interets, tels que les chemins de ter par exemple. Mais au XIIE siecle, le 
"pays, morcele par le systeme feodal, compose de provinces, les unes pau- 
vres, les autres riches, les unes pleines d'activite et de lumieres, les autres 
adonnees a l'agriculture et ne progressant pas, ne pouvait agir avec en- 
semble; il fallait donc que l'ellort de Pepiscopat tut immense pour reunir
        

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