Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Abaque-Aronde]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1100478
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1102431
ARCHITECTURE 
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de son propre fonds, abusant des principes, poussant la logique au point 
de torturer la methode a force de vouloir la suivre et en tirer toutes les 
consequences. Tous les exemples du Dzctzonnaire font voir comme on 
arrive par une pente insensible du X110 siecle au xve fatalement. Chaque 
tentative, chaque effort, chaque perfectionnement nouveau conduisent ra- 
pidement a Fapogee, aussi rapidement a la decadence, sans qu'il soit pos- 
sible d'oser dire : a C'est 1a qu'il faut s'arreter. n C'est une chaine non inter- 
rompue d'inductions, donton ne peut briser un seul anneau, car ils ont tous 
ete rives en vertu du principe qui avait ferme le premier. Et nous dirons 
qu'il serait peut-etre plus facile d'etudier l'architecture gothique en la pre- 
nant a sa decadence, en remontant successivement des eITets aux causes, 
des consequences aux principes, qu'en suivant sa marche naturelle : c'est 
ainsi que la plupart d'entre nous ont ete amenes a Fetude des origines de 
cet art, c'est en le prenant ä son declin, en remontant le courant. 
Par le fait, l'architecture gothique avait dit a la fin du xv' siecle son der- 
nier mot, il n'etait plus possible d'aller au dela: la matiere etait soumise, 
la science n'en tenait plus compte, Fextreme habilete manuelle des execu- 
tants ne pouvait etre materiellement depassee ; l'esprit, le raisonnement, 
avaient fait de la pierre, du bois, du fer, du plomb, tout ce qu'on en pouvait 
faire,jusqu'a franchirles limites du bon sens. Un pas de plus, et 1a matiere 
se declarait rebelle, les monuments ifeussent pu exister que sur les epurcs 
ou dans le cerveau des constructeurs. 
Des le XIVC siecle, l'ltalie, qui n'avait jamais franchement abandonne les 
traditions antiques, qui n'avait que subi partiellement les influences des 
arts de l'0rient ou du Nord, relevait les arts romains. Philippe Brune]- 
lesohi, ne en 1377 a Florence, apres avoir etudie les monuments antiques 
de Rome, non pour en oonnaitre seulement les formes exterieures, mais 
plus encore pour se penetrer des procedes employes par les constructeurs 
romains, revenait dans sa patrie au commencement du xwsiecle, et apres 
mille difticultes suscitees par la routine et l'envie, elevait la grande coupole 
de Feglise Sainte-Marie des Fleurs. L'Italie, qui conserve tout, nous a 
transmis jusqu'aux moindres details dela vie de ce grand architecte, qui ne 
se borna pas a cette iruvre seule; il construisit des citadelles, des abbayes, 
les eglises du Saint-Esprit, de Saint-Laurent a Florence, des palais..... 
Brunellcschi etait un homme de genie, et peut etre considere comme le 
pere de l'architecture de la renaissance en ltalie; car, s'il sut connaitre et 
appliquer les modeles que lui offrait Pantiquite, il donna cependant a ses 
oeuvres un grand caractere dbriginalite rarement depasse par ses succes- 
seurs, egale peut-etre par le Bramanle, qui se distingue au milieu de tant 
d'artistes illustres, ses contemporains, par un goüt pur, une manier-e 
simple et une grande sobriete dans les moyens d'execution. 
A la Fin du xve siecle, ces merveilles nouvelles qui couvraient le sol de 
1'Italie faisaient grand bruit en France. Quand Charles VIII revint de ses 
folles campagnes, il ramena avec lui une cour etonnee des splendeurs 
d'entre-monts, des richesses antiques et modernes que renfermaient les
        

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