Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Abaque-Aronde]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1100478
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1102397
ARCHITECTURE 
15h 
marbre, la terre cuite, les pierres dures ou friables, de dimensions ame- 
rentes, commandent des formes propres a chacune de ces matieres; et cela 
d'une fagon S1 absolue, si bien caracterisee, qu'en examinant un moulage 
ou un dessin, on peut dire, a cet ornement, cette moulure, ce membre 
d'architecture, s'appliquent ä. telle ou telle matiere n. Cette qualite essen- 
tielle appartient aux arts originaux des belles epoques, tandis qu'elle 
manque le plus souvent aux arts des epoques de decadence; inutile de dire 
combien elle donne de valeur et de charme aux moindres objets. Le judi- 
cieux emploi des materiaux distingue les constructions du Xlllc siecle entre 
celles qui les ont prccedees et suivies; il seduit les hommes de goüt comme 
les esprits les plus simples, et il ne faut rien moins qu'une fausse educa- 
tion pour faire perdre le sentiment d'une loi aussi naturelle et aussi vraie. 
Mais il n'est pas d'oeuvre humaine qui ne contienne en germe, dans son 
sein, le principe de sa dissolution. Les qualites de l'architecture du xme 
siecle, exagerees, devinrent des defauts. Et la marche progressive etait si 
rapide alors, que l'architecture gothique, pleine de jeunesse et de force dans 
les prcmieres annees du regne de saint Louis, comrneneait a tomber dans 
l'abus en 4260. A peine y a-t-il quarante ans entre les constructions de la 
faeade occidentale et du portail meridional de la cathedrale de Paris; la 
grande faeade laisse encore voir quelques restes des traditions romanes; et 
le laortail sud est d'une architecture qui fait pressentir la decadcnce (voy. 
ARCHITECTURE RELIGIEUSE). On netrouve plus desla lin du xnicsiecle, surtout 
dans l'architecture religieuse, ce cachet individuel qui caracterise chacun 
des edifices types du commencement de ce siecle. Les grandes dispositions, 
le mode de construction et d'ornementation, prennent deja un aspect 
monotone qui rend l'architecture plus facile a etudier, et qui favorise la 
mediocrite aux depens du genie. On sapercoit que des regles banales 
setablissent et mettent l'art de l'architecture a la portee des talents les plus 
vulgaires. Toutse prevoit, une forme en amene infailliblement une autre, 
Le raisonnement remplace l'imagination, la logique tue la poesie. Mais 
aussi Fexecution devient plus egale, plus savante, le choix des materiaux 
plus judicieux. ll semble que le genie des constructeurs, n'ayant plus rien 
a trouver, satisfasse son besoin de nouveaulä en s'appliquant aux dgmils, 
recherche la quintesccnce de l'art. Tous les membres de l'architecture 
süunziigrissent, la sculpture se comptait dans Fexecution des infiniment 
petits. Le sentiment de l'ensemble, de la vraie grandeur, se perd; on veut 
etonner par la hardiesse, par l'apparence de la legerete et de la finesse. La 
science l'emporte sur l'art et Fabsorbe. C'est pendant le XIVe sieele que 
se developpent la connaissance des poussees des voutes, l'art du lraitf 
Cfestalors qu'on voit s'elexiei' ces monuments qui, reduisant les pleins a desi 
dimensions aussi restreintes que possible, font penetrer la lumiere dans 
les interieurs par toutes les issues praticables; qu'on voit ces Haches 
decotipees selancer vers le ciel sur des points d'appui qui ne paraissent 
pas pouvoir les soutenir; que les moulures se divisent en une quantitc de 
membres inlinis; que les piles se composent de faisceaux de colonnettes
        

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