Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Abaque-Aronde]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1100478
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1101930
ARCHITECTE 
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du XII' siecle, tout ce qu'il yavait d'hommes lettres, savants, studieux, dans 
1'0ccident, fournissaient tres-probabl-ement les architectes qui dirigeaient 
non-seulement les constructions monastiques, mais aussi les Constructions 
civiles et peut-etre meme militaires. Les ecoles fondees par Charlemagne 
s'elevaient a l'abri des eglises; c'etait la que devaient necessairement se 
refugier toutes les intelligences vouees a Fetude des sciences et des arts. 
La geometrie, le dessin, la sculpture et la peinture ne pouvaient etre 
enseignes que dans les seuls etablissements qui eonservaient encore un 
peu de calme et de tranquillite au milieu de cet effroyable chaos de Yepoque 
carlovingienne. Vers la fin du x9 sieele, au moment ou il semblait que la 
societe allait s'eteindre dans la barbarie, une abbaye se fondait a Cluny, 
et du sein de cet ordre religieux, pendant plus d'un siecle, sortaient 
presque tous les hommes qui allaient, avec une energie et une patience 
incomparables, contribuer a arreter les progres de la barbarie, mettre 
quelque ordre dans ce chaos, fonder des etablissements sur une grande 
partie de l'Europe occidentale, depuis I'Espagne jusqu'en Pologne. Il 
n'est pas douteux que ce centre de civilisation, qui jeta un si vif eclat 
pendant les x12 et X118 siecles, n'ait eu sur les arts comme sur les lettres 
et la politique une immense influence. Il n'est pas douteux que Cluny 
n'ait fourni a l'Europe occidentale des architectes comme elle fournissait 
des clercs reformateurs, des professeurs pour les ecoles, des peintres, des 
savants, des medecins, des ambassadeurs, des eveques, des souverains 
et des papes; car rayez Cluny du x1" siecle, et l'on ne trouve plus guere 
que tenebres, ignorance grossiere, abus monstrueux. Pendant que saint 
Hugues et ses successeurs luttaient contre l'esprit de barbarie, et par- 
dossus tout maintenaient Findependance du pouvoir spirituel avec une 
perseverance dont l'histoire des civilisations offre peu d'exemples, il se 
Riisait dans le tiers etat une revolution dont les consequences eurent une 
immense porlee. Un grand nombre de villes, les plus importantes du nord 
et de l'est de la France, se conjuraient et s'etablissaient en communes. Ainsi 
Fetablissement feodal carlovingien etait sape de deux 60h53, par 1e pouvoir 
spirituel d'une part, et par lesinsurrections populaires de l'autre. L'esprit 
civil apparait pour la premiere fois sur la scene, depuis la chute de l'em- 
pire, avec des idees dbrgaflisatiml; il veut se gouverner lui-meme, il 
commence a parler de droits, de libertes : tout cela est fort grossier, fort 
incertain; il se jette tantot dans les bras du cierge pour lutter contre la 
noblesse, tantot il se ligue avec le suzerain pour ecraser ses vassaux. Mais 
au milieu de ces luttes, de ces efforts, la cite apprend a se connaitre, a 
mesurer ses forces; elle n'a pas plutot detruit qu'elle se presse de fonder, 
sans trop savoir ce qu'elle fait ni ce qu'elle veut; mais elle fonde, elle se 
fait donner des chartes, des privileges ; elle se faeonne a l'organisation par 
COPPOPaLiOns; elle sentenfin que pour etre forts, il faut se tenir unis. Se 
vendant a tous les pouvoirs, ou les achetanttour a tour, elle vient peser sur 
tOIIS, 10s cnerve, et prend sa place auimilieu d'eux. C'est alors que les arts, 
les sciences et l'industrie cessent d'etre exclusivement renfermes dans
        

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