Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-987330
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-988125
[ HARNOIS ]  50  
Quand saint Louis entreprit sa premiere expediliion en Idgyglte, il 
etait evident que les croises resteraient loin de chez eux plus (le 
quarante jours. En prenant la croix, les nobles et vilains qui allaient 
en terre sainte contractaient un engagement moral de servir le 
temps necessaire : detait un voeu. Mais cet engagement ne litisait 
pas que ces gens de tout etat pussent vivre dans des conditions 
exceptionnelles. Alors le suzerain intervenait et indemnisait les che- 
valiers bannerets qui avaient emmene avec eux de simples cheva- 
liers, des ecujfers et soudoyes. Uffistozfre du sire de J oinville donne 
la preuve de ce fait : (4 Je, qui n'avoie pas mil livrees de terre, me 
a charjai quant falai outre-mer, de moy disiesmf: de chevaliers et 
a et de dous chevaliers banieres portans; et nfavint ainsi que quant 
a je arrivai en Gypre, il ne me fu demouree de remenant que douze 
a vins (M0) livres de tournois, ma nef paie; dont aucun de mes 
c chevaliers me manderent que se je ne me potirveoie de deniers, 
c que il me lairoient. Et Diex, qui onques ne me failli, me pourveut 
(a en tel maniere que li roys, qui estoita Nichocie, nfenvoi a (juerre 
(4 et me retint, et me mist huit cens livres en mes cofres; et lors 
a; oz-je plus de deniers que il ne me couvenoit  D 
Ce n'est pas une solde reguliere, c'est une indemnite, une subven- 
tion, que le suzerain donne en face d'une necessite imperieuse, atin 
de conserver son armee. Il n'en est pas moins certain que ce l'ait 
capital ne tient a rien moins qu'a tldlftllrtä le systeme feodal, ou 
plutot les rapports feodaux entre le suzerain et ses vassaux. Des l'in- 
stant que ceux-ci reqoivcnt une pave, fut-ce a titre gracieux, le prin- 
cipe feodal est ruine. Le bon senechal de Champagne ne l'ait pas 
toutes ces rellexions; il est profondemcnt devoue au roi, liaime et le 
venere, il tient a remplir jusqu'au bout ses engagements; mais son 
cotTre est vide et ses chevaliers menacent de le quitter, s'il ne peut 
subvenir a leurs depenses. Dieu (notons bien ce point) intervient et 
inspire au roi la pensee d'aider son scnechal; celui-ci encaisse l'ar- 
gent, et, delivre de ce souci, fait son devoir et pave son monde. 
Le roi octroyant une solde, a quelque titre que ce soit, a ses 
grands vassaux, ceux-ci perdent le caraiftere independztnt qu'ils con- 
servaient jusqu'alors, et par suite leurs prerogatives. En effet, des 
le commencement du XIVÜ siecle, le service militaire nlest plus une 
obligation attachee aux privileges dont jouit la noblesse, c'est dejit 
un metier. a Des gentilshommes ruines, des vavasseurs sans sol 
ni maille, des cadets de famille, des batards, reduits a chercher 
Hist. de saint Louis, parJ. 
sire de Joinville, publ. par M. 
Nat. 
de Wailly, P-
        

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