Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-987330
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-991506
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TACTIQ UE 
DES 
ARMEES 
FRANQAISI 
services; elles etaient plus embarrassantes qifutiles, en retardant la 
marche de la cavalerie, principale force des armees d'alors. 
Mais, pour se rendre un compte exact de la tactique des armees 
de la grande epoque feodale, il est neeessaire de connaitre les con- 
ditions de formation de ces armees. Juger la tactique militaire du 
XIIE sieele en prenant pour type, soit la tactique romaine, soit la 
tactique moderne, c'est tomber gratuitement dans la plus etrange 
confusion; car, si la strategie ne se modilie que d'une maniere 
relative dans le cours des siecles, il n'en est pas ainsi de la tac- 
tique, qui ehange en raison de la composition des troupes, de leur 
armement et des milieux. Nous l'avons eprouve reeemment, et la 
tactique des armees frangaises en Jllgerie ne peut etre et n'est pas 
la meme que celle tpfil faut adopter en face des grandes armees 
continentales. 
Dire que les armees feodales etaient depourvties de toute tactique, 
c'est pretendre a peu pres qu'un pays n'a pas de litterature, parce 
que vous n'en comprenez pas le langage. La feodalite possedait la 
seule tactique qui pftt etre appropriee a son organisation Inilitaire 
et aux armes dont elle se servait. Et il faudrait etre depourvu de 
sens pour ne pas admettre, par exemple, que si l'invention de l'ar- 
tillerie a du apporter dans la tactique les modifications les plus 
profondes, ce n'est pas une raison pour que les armees, avant cette 
epoque, fussent depourvues de celle qui convenait a leur organisa- 
tion et a leur armement. 
Cette organisation, nul ne l'ignore, dependait du regime feo- 
dal meme. Celui qui tenait un fief devait le service militaire attache 
a ce fief, a la demande du suzerain, et dans des conditions detinies, 
soit comme temps, soit. comme objet. Les barons arrivaient donc au 
rendez-vous assigne, avec leurs chevaliers et leurs hommes liges a 
pied ou a cheval. Les communes devaient egalement fournir des 
hommes d'armes et des pie-tons, commandes par des capitaines. S'il 
s'agissait d'une grande entreprise commandee par le roi, il est evi- 
dent que ces troupes, arrivant de toutes parts, celles-ci du Poitou, 
celles-la de Picardie ou de Champagne, de Bourgogne ou d'Au- 
Vergne, ne pouvaient avoir l'unite d'organisation des armees ro- 
maines ou de celles de nos jours. Elles differaient par l'armement, 
les habitudes, et meme le langage. Vouloir les fondre en quelques 
jours eüt ete une entreprise impossible et meme dangereuse en 
bien des cas. Il fallait donc, tout en les faisant concourir vers un 
but, leur laisser une certaine independance, soit dans les mouve- 
ments, soit dans la maniere de camper, d'agir et de combattre.
        

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