Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-981608
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-982747
ARMURE 
ment de guerre fut tres-frequemment, adopte. Il preservait mieux des 
coups de pointe que ne pouvait le faire la cotte de mailles, et fatiguait 
moins le cavalier en s'adaptant mieux au corps. Beaucoup de vignettes 
de manuscrits de cette epoque representent des hommes d'armes 
dont l'armure est exprimee par le travail qu'indique la figure 14. Des 
monuments sculptes montrent egalement des cottes a armer dont les 
rangs d'anneaux serres sont separes par un filet saillantl. Ce tilet est 
souvent peint en vert, en pourpre, en rouge, tandis que les rangs 
d'anneaux sont ou dores, ou colores en gris. On peut en conclure que 
ces filets figurent une etofte. A l'article BROIGNE nous expliquons en 
detail ce genre de travail. 
Avant de suivre les transformations de Fequipement, ou, comme 
on disait alors, du garnement de l'homme d'armes franeais, on ne 
saurait passer sous silence certaines particularites remarquables de 
l'armement des chevaliers des provinces voisines du Rhin vers la lin 
du xn' siecle, et qui expliquent quelques-unes des modifications appor- 
tees alors a l'habillement militaire de la Champagne. Le vetement de 
mailles parait avoir etc adopte sur les bords du Rhin d'une maniere 
complete avant d'etre admis deünitivement en France. Le beau 
manuscrit de Herrade de Landsbergi fournissait sur cet habille- 
ment des documents precieux; il montrait des chevaliers entierement 
couverts de mailles sans apparence de gambison ou de tunique d'etoffe 
sous-jacente. Le haubert ne se termine pas par une jupe fendue, mais 
en maniere de braies, a peu pres comme Petait la cotte a armer nor- 
mande. 
Sous le capuchon qui tient au haubert (iig. 15), est posee une 
eerveliere de mailles doublee de peau ou de double toile (voy. en A). 
Le heaume est de deux sortes : l'un (voy. en B) est conique, lege- 
rement bombe, avec pointe reeourbee sur le devant et nasal iixe; 
l'autre (voy. en C), hemispherique, tres-haut, avec ventaille qui laisse 
seulement les yeux a decouvert. Le haubert est termine en maniere 
de calegon ample; les jambes sont couvertes de mailles sur le devant, 
lacees sur le mollet. La maille ne couvre que la moitie de la main, 
Aeomme des mitaines, le reste est une garniture de peau. Le eein- 
turon, soit de euir souple ou (Vetoffe, n'est pas serre par une 
boucle, mais au moyen d'un ouil a travers lequel passe l'autre extre- 
mite. Uepee est tres-large au talon. L'eau est triangulaire, arrondi 
aux deux angles superietirs et pris dans un cylindre; il est toujours 
1 Voyez, entre autres, l'effigie d'un chevalier de la famille de Sulney, 
l'ouvrage de M. J. Hewit : Ancient Armour and Weaponsin Europa, t. 
2 Bihlioth. de Strasbourg, ln-ülee en 1870 par Farnlee prussienne, 
reproduite dans 
1, p. 261.
        

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