Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-981608
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-986103
EPEE 
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arbaletriers furent remplaces par les pistoliers et arquelpusiers. L'in- 
fanterie, vers la fin du regnc de Charles VlI, etait distribuee par 
petits bataillons carres pleins, habituellement disposes en echifluier 
ou en echelons, pour mieux resister aux charges de cavalerie. Sur les 
cotes des carres, on placait quatre fronts de porteurs de fauchards, 
de vouges ou de guisarmes, et au centre les arbaletriers ou archers. 
Ces derniers sortaient des carres pour operer en tirailleurs et se 
refugiaient dans les carres s'ils etaient charges. Alors les bataillons 
pouvaient se defendre sur les quatre faces. Mais cette organisation de 
l'infanterie se pretait peu aux mouvements rapides et etait plutot 
defensive qu'offensivc. Les actions commengaient toujours par les 
combats de cavalerie, et l'infanterie ne prenait un role agressif que 
quand un des deux partis etait entame ou mis en desordre par une 
charge heureuse. Il fallait de la cavalerie pour soutenir l'infanterie, 
car ces bataillons ne pouvaient (m'opposer un obstacle aux gens 
d'armes; si on les laissait livres a eux-memes, ils etaient forcement 
entoures et disperses par une serie de charges. 
Il semblerait que les populations qui ont voulu donner a l'infanterie 
un role plus actif sont celles qui ne pouvaient mettre en ligne une 
nombreuse cavalerie. Les Suisses etaient dans ce cas. Independam- 
ment des armes de trait et de main que possedaient les peuples voi- 
sins, ils avaient dans leur infanterie un certain nombre d'hommes 
porteurs d'enormes epees a deux mains qu'ils manoauvraient habile- 
ment, et avec lesquelles ils fauchaient dans les escadrons de cavale- 
rie comme dans un champ. Nous ne saurions affirmer que les Suisses 
soient les premiers qui aient adopte cette arme terrible, mais il est 
certain qu'ils savaient s'en servir pendant la moitie du xvc siecle : 
les batailles de Granson et de Morat en fournissent la preuve. 
Robustes, agiles, bons marcheurs, leur infanterie, en bataille, savait 
prendre l'initiative, s'avangait hardiment au devant des escadrons, 
recevait les charges avec ses epieux et fauchards, pendant que les 
porteurs depees a deux mains se jetaient sur les flancs des assail- 
lants, brisaient les armures, estropiaient les chevaux et faisaient des 
trouees en mettant le desordre dans la gendarmerie compacte. Alors 
les porteurs de piques et de fauchards, poussant en avant, achevaient 
la deroute. 
Il ne parait pas que cette tactique aitlete habituelle ä l'infanterie 
franoaise ä la {in du xvc sieele. Celle-ci conserva longtemps chez 
nous son role de protectrice de la gendarmerie; on se ralliait der- 
riere elle, comme Llerriere 1m obstacle, pour recommencer de nou- 
velles charges, surtout IOPSQLÜI cette infanterie on adjoignit des
        

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