Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-975758
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-981261
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a je n'en puis mon coeur oster.  Cher Sire, ce dit la dame, vous 
a deussiez toujours faire bonne chere pour vos gens conforter, et 
o laisser le penser et le muser. Dieu Vous a si bien aide jusques a 
a maintenant dans toutes vos besognes, et donne si grancFgrace que 
a vous estes le plus doute et honore prince des chretiens; et si 
u le roi d'Escosse vous a fait depit et dommage, vous le pourrez bien 
o amender quand vous voudrez, ainsi que autrefois avez fait. Si 
o laissez le muser et venez en la salle, s'il vous plaist, de lez vos 
a chevaliers; tantost sera prest pour diuer.  Hal ma chere dame, 
a dit le roi, autre chose me Louche et gist en mon coeur que vous ne 
o pensez; car certainement, le doux maintien, le parfait sens, la 
u grandnoblesse, la grace et la iine beaute que j'ai vue et trouvee 
a en vous m'ont si surpris et entrepris, qu'il convient queje sois de 
u vous aime ; car nul escondit ne m'en pourroit oster. 
a La gentil dame fut adonc durement ebahie, et dit:  Hal tres 
a cher Sire, ne me veuillez moquer, essayer, ni tenter : je ne 
a pourrois cuider ni penser que ce fust acertes que vous dites,ni que 
o si noble, ni si gentil prince que vous estes, dust querir tour ni pen- 
a ser pour deshonorer moi et mon mari, qui est si vaillant cheva- 
a lier, et qui tant vous a servi que vous savez, et encore est pour 
a vous emprisonne. Certes, vous seriez de tel cas peu prise et 
a amende; certes, telle pcnsee oncques ne me vint en coeur, ni ja 
a n'y viendra, si Dieu plaist, pour homme qui soit ne; et si je le fai- 
o sois, vous m'en devriez blasmer, non pas blasmer seulement, mais 
a mon corps justicier et demembrer, pour donner l'exemple aux 
o autres d'estre loyales a leurs maris. 
K Adonc sc partit la gentil dame et laissa le roi durement ebahi, 
u et s'en revint en la salle pour haster le diner, et puis s'en retourna 
c au roi et emmena de ses chevaliers et lui :  Sire, venez en la 
fi salle; les chevaliers vous attendent pour laver, car ils ont trop 
a jeune; aussi avez-vous. w 
Comme on peut le penser, le roi ne iit guere honneur au diner 
et ne cessait de regarder la comtesse, qui, sans y prendre autre- 
ment garde, faisait fete a tous. Le roi, cependant, tourmente par 
des sentiments contraires, son amour et sa loyaute, passait la plus 
mauvaise nuit. Le matin il fit deloger son ost aiin de poursuivre les 
Ecossais, et,prenant congc de la dan1e,il lui dit : a  Ma cliere dame, 
a a Dieu vous recommande jusqu'au revenir : si vous prie que vous 
u vous veuillez aviser et autrement estrc conseillee que vous ne m'avez 
u dit.  Cher Sire, repondit la dame, le Pere Glorieux vous 
a veuille conduire et osier de mauvaise et vilaine pensee et desho- 
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