Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-975758
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-981157
VOILE! 
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noblesse. (Tetaient des jeux de combinaison comme les echecs, les 
tables (trictrac); des chansons, romans ou poemes que debitaient 
les trouveres, que l'on ecoutait attentivement et qui faisaient le sujet 
de commentaires sans fin; des gageures, des questions posees et que 
chacun devait resoudre. 
On ne voit pas que sous ce rapport nous ayons a nous {latter d'avoir 
fait de notables progres; loin de la, si l'on considere la vie futile, 
desceuvree et depourvue de toute occupation intellectuelle de beau- 
coup de nos grands proprietaires terriens. 
Villeliardouin, Joinville, etaient gentilshommes et des ecrivains 
du premier ordre. Ce dernier rapporte que pendant la bataille de la 
Massoure, etant fort presse par les Sarrasins, le comte de Soissons, 
qui pres de lui etait, disait, tout en chargeant sur la foule des enne- 
mis qui les harcelait : a Seneschaus, laissons huer cette chiennaille ; 
a que, par la Quoife Dieu! (ainsi comme il juroit) encore en par- 
a lerons-nous entre vous et moi de ceste journee es chambres des 
a dames 1 n. Aux recits des trouveres, aux chansons, se melait la 
narration des evenements auxquels assistait cette chevalerie; des 
combats reels, des perils auxquels on avait echappe, des aventures 
d'entre-mer; et cela, devant les dames. (les quelques mots du u bons 
cuens de Soissons v, comme dit Joinville, laissent entrevoir un coin 
de l'existence de la noblesse feodale pendant les heures de loisir 
au milieu de ses chateaux, et combien la societe des femmes etait le 
pivot de la vie sedentaire. Fallait-il que les femmes fussent assez 
instruites, assez au fait de tout ce qui interessait les hommes pour 
que ces longues conversations eussent l'attrait qui suggere au 
comte de Soissons, en pleine melee, les quelques mots cites plus 
haut. Et, en effet, on est emerveille en lisant les romans, les contes, 
les chroniques des xne, Xlllc et xive siecles, combien la femme est 
au fait de tout, comme elle participe a tout; comme elle sait, dans 
les circonstances difficiles, se tirer d'affaire, commander, prendre 
une decision ; comme son esprit s'eleve a la hauteur des evenements ; 
comme elle joint, a tous les charmes d'une education delicate au 
besoin, des sentiments virils, Findependance du caractere, l'amour de 
lajustice; comme elle est eloignee de cette devotion etroite et fame- 
lique si fort a la mode depuis le xvno siecle; comme elle a horreur de 
la pusillanimite, de l'hypocrisie et de tous ces petits moyens chers aux 
aimes faibles. 
Hist, 
de saint Lourk, 
le sire de Joinv: 
Vailly,
        

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