Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-975758
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-976268
JOYAUX 
il se developpziit a peine apres la periotle de sobriete relative que 
marque notre XllIÜ siecle. Les coitfures des femmes sont dejit d'une 
richesse qui nkätait plus de mise en France dans la noblesse depuis 
le xuu siecle, mais qui ne tarda pas a etre depassee. Il est un fait. 
etrange dans l'histoire de notre pays : le luxe des habits semble 
saccroitre dans les epoques calamiteuses. Ainsi le X1115 siecle est un 
des plus presperes de notre histoire. Pas de guerres importantes 
a Finterieur; un developpement prodigieux dans les travaux de l'in- 
telligence et de la prosperite materielle; une organisation adminis- 
trative relativement perfectionnce; le cours regulier de la justice, si 
FOU compare les institutions de saint Louis au chaos judiciaire pre- 
Üüdent. Pendant cette periode, on voit le luxe exagere du X118 siecle 
remplace par une certaine simplicite dans les habits. La noblesse et 
la bourgeoisie sont a peu pres babillees de la mente maniere, quant 
51 la coupe des vetements; peu de bijoux. Avec le XIVÜ siecle, le luxe 
s'empare de nouveau des classes elevees. Ni les desastres de Grecy, 
Hi Ceux de Poitiers, 11e ralentissent cette passion pour la richesse des 
vetements, qui se repand jusque dans la bourgeoisie. Le niveau se 
maintient pendant le rogne de Charles V; puis, apres les malheurs du 
commencement du xvc siecle, il y a recrudescence dans les habi- 
tudes de luxe appliquees aux vetements. Temps darret sous Louis XI; 
nouveau deploiement du luxe depuis lors pendant les epoques cala- 
lniteuses du XVIÜ siecle. Est-ce desir de jouir du moment present, 
lorsque l'avenir est mal assure ? Est-ce une sorte de Iievre qui s'em- 
pare des esprits au temps des malheurs publics et qui fait que chacun 
Veut paraitre, ne fut- ce qu'un instant, sur la scene d'un monde 
trouble? Nous ne savons. Mais il y a la matiere a exercer la saga- 
Üile des philosophes observateurs. Pendant que la moitie de la 
France est la proie des Anglais, au commencement du xvE siecle, 
ÜTI Voit la noblesse commander les habits les plus somptueux et so11- 
gel" ä des fetes pendant lesquelles on deployait un luxe inoui. De 
lnäme, bien plus pres de nous, Voyons-nous, sous le Directoire, 
lÜPSQuTt peine la guillotine est abattue, lorsque nos frontieres sont 
meuacees, la societe quitter le deuil pour s'adonner a un luxe scan- 
tlilleuyp 
La richesse des habits dans la societe francaise n'est donc pas 
ÜH raison de la prosperite publique. C'est plutet le contraire qui 
Serait vrai. Il semblerait que pour elle, apres une catastrophe 
publique qui lui fait entrevoir la misere, et qui la force pour un 
lÜmlJS 51 se priver des choses les plus necessaires, le besoin qui se 
tait le plus iiuperieusement sentir, celui auquel son desir la porte
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.