Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1189075
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1193280
ETOFFES 
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fabrique en Armenie, dans l'ile de Chypre, et plus tard en Espagne. 
Quant au camelot dont il est si souvent question dans les romans, 
chroniques ct comptes ou inventaires du moyen age, c'etait origi- 
nairement une etoffe faite de poil de chameau, et qui par consequent 
venait d'0rient. Cependant, il y avait des camelots dont la trame 
etait de soie et d'or, la chaine seule alors etait de poil de chameau 
ou de chevre d'Angora. Ces dernieres etoffes ne paraissent pas avoir 
etc en usage avant le xve siecle. Il est fait mention dans plusieurs 
inventaires de cette epoque, et notamment dans l'inventaire de 
Charles le Temeraire, a d'une piece de camelot violet de soye, 
u brochee d'or n. Il y avait des camelots de toutes couleurs, ct cette 
etoffe etait estimee, puisque, en 1366, la piece de camelot est payee 
le mcme prix que la piece de cendal, qui etait de soie, ainsi que 
nous l'avons vu plus liautt. Le camelin etait aussi une etolfe de 
poil de chameau dans l'origine, mais qu'il ne faut pas confondre 
avec le camelot plus estime. On le fabriquait en Phenicie, ainsi 
que nous l'apprend Joinville : a Li roys me donna congie d'alcr 
a la (a 'I'ortose), et me dist a grant a consoil que je li achetasse 
a cent camelins de diverses colours, pour donner aus corde- 
c liers, quant nous venrions en France? w Il ne parait pas que ces 
camelins fussent jamais trames de soie et d'or comme les came- 
lots. Ils sont toujours cites comme une etoffe tries-ordinaire. Des le 
Xille siecle, on en fabriquait a Saint-Quentin, et, au XIVÜ siecle, 
a Amiens, a Cambrai, a Malines, a Bruxelles, a Commercy. Bien 
entendu, ces camelins occidentaux etaient des tissus de laine. ll y 
avait des camelins blancs, noirs, verts, et leurs qualites etaient 
varices, puisqu'il est fait mention de camelins qui sont payes 
Il et 19. s. 6 d. l'aune; d'autres 24 et 28 s. 
Le bureau, burel ou buria-u, etait une etoffe de laine plus gros- 
siere encore que le camelin : a Por buriaux et sollers achetez a 
a departir a povres en nos domaines 3. v Cependant, au xne siecle, 
dans les statuts de l'ordre de Cluny dresses par Pierre le Venerable, 
on lit ce passage : e Statutum est ut nullus scarlatas, aut barra- 
a canos, vel pretiosos burellos, qui Ratisponi, hoe est apud Raines- 
fi hors, tiunt, sive picta quolibet modo stamina habentt.  Ainsi, a 
cette epoque, ily avait des buriaux assez precieux pour que Pierre 
1 Voyez Recherches sur les ätoffes de soie, d'or et (l'argent, pendant le moyen tige, 
par M. Francisque Ikiichcl, t. ll, p. 110 et suiv. 
2 Hist. de saint Louis (Joiuvillc), pub]. par M. Nal. du Wailly, p. 2M. 
3 'l'csta1ncul; de Philippu lll. 
Y Statut. Cluniacens, vap. xuu.
        

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