Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1183649
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1188831
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CONCLUSION. 
prendre leur repas chez le gargotier voisin. Les meuble garnissant 
ces habitations n'ont pas besoin (Votre decril.s.... Le paysan au moyen 
äge etait relativement mieux loge et mieux meuble; l'air et l'espace 
ne lui manquaient-pas; il possedait toujours son lit large et garni 
de gros draps, surtout dans les campagnes du Nord, sa huche, ses 
bancs, sa table et son foyer, et souvent son armoire bien remplie de 
linge, sa vaisselle de terre. Dans ces demeures, cependant, les ani- 
maux domestiques vivaient pele-mele avecles humains : le poulailler, 
le toit a porcs, etaient quelquefois pres du lit des habitants; mais le 
soleil pouvait rechauffer et assainir ces demeures, le foyer s'allumait 
chaque jour, et le paysan passait sa journee aux champs. Si la de- 
meure de l'artisan citadin, du pauvre ecolier, de l'ouvrier, ne four- 
nit nulle matiere a la description, si elle n'est qu'un amas sordide 
de meubles sans non, sans forme, qu'une sorte de detritus de la 
civilisation des villes, il n'en est pas de menue de la chaumiere z 
celle-ci conserve les traces de l'industrie de ses habitants, car le 
paysan peut creer; la matiere premiere ne lui fait pas defatit ; on 
n'eprouvc pas, au milieu de la campagne, ce decouragement pro- 
fond qui saisit le pauvre dans les glandes villes. Si le chef de famille 
est robuste et intelligent, si la femme est active et laborieuse, on 
voit bientotlemobilier satisfaire aux besoins de la vie ; car aux champs 
les bras suffisent pour tout creer, tandis qu'il la ville on ne peut 
rien obtenir qu'avec de l'argent. D'ailleurs le paysan avait, au moyen 
age, une grande ressource: e'etait celle du voisinage du chateau ou 
de Pablaayfe. Tous les seigneurs feodaux n'etaient pas des tyrans 
aveugles, (lepouillant les paysans pour le plaisir de les ruiner; le 
paysan etait une richesse, un revenu, et c'etait d'une sage adminis- 
tration de lui laisser un bien-etre quiprolitait au seigneur. Beaucoup 
de vieux meubles du chateau ou de l'abbaye allaient garnir les chau- 
mieres. Quantite de bahuts ramasses par nos brocanteurs etaient 
installes depuis plusieurs sieeles dans les maisons des paysans, et il 
ne faut pas croire qu'ils aient tous ete pilles a la fin du dernier 
siecle. Les demeures seigneuriales s'etaient debarrassees depuis 
longtemps de ces meubles hors d'usage au profit des chaumieres, 
comme beaucoup de villages s'etaient eleves avec les debris des 
donjons feodaux avant la revolution de 1792. 
Lorsque la mode n'avaitpas remis en honneur encore les meubles 
du moyen age, il n'etait gnere de hameau, surloutdans le voisinage 
des chateaux ou des abbayes, qui ne possedat quantite d'objets pre- 
cieux par leur agc et meme leur travail. Les familles qui etaient 
devenues proprietztires de ces meubles les gardaient avec une sorte
        

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