Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1183649
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1187773
854 
VIE 
PBIVEE 
DE 
LA 
NOBLESSE 
FEODALIZ. 
(t Que dirai-je de tous les meubles et provisions? A l'entour ne 
(t laillaient grands bois pleins de cerfs, daims et sangliers. Outre 
(l plus avait des faucons neblis, que les Francais appellent gentils, 
c: pour voler le long de la riviere,et tres-bons heronniers. Ce vieux 
(t chevalier avait a femme la plus belle dan1e qui liit lors en France, 
cc laquelle venait du plus grand lignage de Normandie, fille du sei- 
a gneur de Bellengties, et etait fort louable en toutes perfections 
(t appartenant a si noble dame, de grand sens, et entendue a gou- 
ct verner sa maison mieux que dame quelconque du pays, et riche 
a a l'avenant. Elle avait sa maison seigneuriale a part de celle de 
m M. l'amiral, entre lesquelles deux etait un pont-levis. Or les deux 
 maisons etaient comprises dans une meme enceinte. Les meubles 
(t et pourveances (Ficelles etaient tant et de si rare facon, que le 
m compte en serait long. La se tenaient jusques a dix damoiselles de 
a parage, bien etoffees et habillees, lesquelles n'avaient dlautre soin 
(t que de leurs corps et de garder leur dame tant seulement. Enten- 
(t dcz qu'il y avait force filles de chambre. Je vous eonterai llordre 
a et la regle que madame observait. Se levait le matin avec ses de- 
s moiselles, et allait dans un bois la pres, chacun son livre d'heures 
a en main et son chapelet, et sasseyaient a part et disaient leurs 
u prieres, sans mot souffler tant que priaient; apres cueillaient vio- 
(t lettes et lleurettes, ainsi s'en retournaient au chateau, en la cha- 
u pelle, et entendaient basse messe. Sortant de la chapelle, on leur 
tt apportait un bassin d'argent auquel etaient poules et alouettes et 
a autres oiseaux relis ; lors mangeaient ou laissaient a leur volonte, 
a et on leur donnait le vin. Rarement madame mangeait, elle, le 
m matin, ou peu de chose pour faire plaisir a ceux qui la etaient. 
m Aussitot madame chevauchait ensemble ses demoiselles toutes sur 
a haquenees, les meilleures et les mieux harnachees qui se pussent 
t( voir, et avec elles les chevaliers et gentilshommes qui_se trouvaient 
cc la, et allaient s'abattre aux champs faisant chapels de verdure. La 
a aussi entendre chanter lais, virelais, rondes, complaintes, ballades 
a et chansons de tout art que savent les trotwetres de France, en voix 
a diverses et bien accordees. La venaitle capitaine Pero Nino avec ses 
a gentilshommes, pour qui se faisaient toutes ces fetes, et semblable- 
(c ment s'en retournaient au chateau a l'heure de diner; descen- 
(r daient de cheval et entraient dans la salle a manger oü trouvaient 
a les tables dressees. Le vieux chevalier, ne pouvant plus chevau- 
a cher, les attendait et les accueillait si gracieusement que c'etait 
a merveille, car il etait chevalier tres-gracietlx, bien que dolent en 
m son corps. A table s'asseyaient l'amiral, madame et Pero Niüo, et
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.