Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1183649
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1186277
RELIQUAIRE 
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Pendant les xne et xur sieeles, les juifs faisaient un veritable 
trafic de reliques, et contribuaient ainsi a detruire le prestige qui 
s'attachait aux restes des martyrs. Cependant, jusqu'au XVIa siecle, 
on ne cessa de fabriquer des reliquaires, non-seulement pour les 
eglises, mais pour des particuliers, et il faut dire meme que plus 
la croyance en Fefficacite des precieux restes diminuait, plus on 
donnait de richesse et d'elegancc au contenant; si bien qu'au 
moment de la Reformation, les reliquaircs ctaicnt devenus plutot 
des objets de luxe propres a decorcr un oratoire que des meubles 
sacres. 
Non-seulement, pendant le moyen fige, chacun desirait posseder 
des reliques de quelque martyr, mais on en etait venu a porter sur 
soldes objets auxquels on attachait une vertu particuliere: par 
exemple, Flivangile de saint Jean pendu au cou dans un tuyau de 
plume d'oie brode par les deux bouts et ornes de franges de soie, ce 
qui garantissait d'une inünite de maux; un morceau de verre sur 
lequel on gravait le psaume 9"; un rosaire, un scapulaire, une cein- 
ture de saint Augustin, un ceinturon de sainte Monique, un cordon 
de saint Francois, ou quelque autre signe de piete, ce qui devait 
vous preserver de la damnation eternelle et vous assurer les sacre- 
ments de PEglise a l'article de la mort, eussiez-vous vecu en paien; 
ou bien encore des croix faites de certaines manieres, des sachets 
remplis de mots cabalistiques. Tous les theologiens s'elevaient natu- 
rellement contre de pareilles pratiques; mais la preuve que le mal 
etait fort repandu, c'est qu'ils ne cessent de s'en plaindre comme 
etant l'oeuvre du demon. 
Nous diviserons les reliquaires en reliquaires de tresors deposes 
dans les eglises, les saintes Chapelles et les oratoires, et les reli- 
quaires portatifs, que l'on portait avec soi ou sur soi. Les premiers 
sont encore aujourd'hui fort communs; quant aux autres, etant de 
petite dimension et faits de matieres precieuses, ils sont assez rares. 
Jusqu'au XIIÜ siecle, les reliquaires n'etaient pas aussi nombreux 
qu'ils le devinrent plus tard, car les eglises qui possedaient des 
corps-saints entiers n'en laissaient pas aisement distraire quelques 
parcelles. Le culte pour les precieux restes des martyrs avait quel- 
que chose de touchant dans les premiers temps de PEglise, et l'on 
comprend parfaitement le respect que les populations portaient aux 
tombeaux, demeures intacts, des confesseurs de la foi. Mais peu a 
peu les abbayes, qui la plupart possedaient des corps-saints, soit 
pour obtenir les bonnes graces d'un grand personnage, soit pour 
reeonnaitre un service signale, donnerent des fragments de ces
        

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